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  • Photo du rédacteurRémy CANUTI

« Le jour où j’ai managé mon boss »




La littérature professionnelle regorge d’articles et de livres sur le meilleur moyen d’être un chef cool, sympa, efficace, bienveillant, qui manage avec ses émotions, son enfant intérieur et qui atteint ses objectifs de surcroît. Mais les titres se font plus rares quand il s’agit de considérer la relation inverse ou l’art ancien de manager son boss.


"Trigger warning : cet article présente des approches de management qui peuvent être perçues comme controversées et peu conformes aux méthodes managériales traditionnelles. Certains lecteurs pourraient être choqués par le ton provocateur et les descriptions de pratiques professionnelles peu conventionnelles. Veuillez prendre en compte votre sensibilité avant de poursuivre la lecture." ;)


Parce qu'ici on rentre dans le dur, dans le management hardcore. Celui que l’on n’explique pas en école de cadres, à l’#inet ou dans un quelconque cours du #CNFPT.

Pour en arriver là, l’auteur de ces lignes a dû passer par tous les stades de l’abrutissement professionnel, bouffer des couleuvres à n’en plus finir et résister à une pression équivalente à celle de la mâchoire d’un pit-bull, sans jamais faillir, invoquer le burn-out, la maladie professionnelle ou son choix d’être différent.


Donc, je me lance, pour bien manager son chef, il faut…


Il NE FAUT PAS d’abord, on va commencer par ça.

Il ne faut pas le considérer comme quelqu’un qui vous doit absolument quelque chose, lui poser des questions dont il ne connaît pas la réponse, le pousser dans ses retranchements, l’obliger à choisir quand il ne veut pas. En gros, si vous évitez d’être son énième problème de la journée, vous commencez à marquer des points.


Il FAUT par contre, lui dire bonjour quand il arrive (ça lui fait tellement plaisir), rigoler de ses blagues avec lui, même si elles ne sont pas drôles, prendre l’air intéressé par tout ce qu’il dit, trouver la solution que vous aviez apportée il y a une semaine et qu’il s’approprie aujourd’hui, « absolument géniâââle ».


Si votre chef est vieux, apportez-lui des gâteaux, du vin, n’importe quoi qu’il puisse manger. Si votre chef est jeune, flattez-le, ne tentez pas de lui apprendre une quelconque leçon. Qu’il vous suffise de savoir que vous êtes déjà plus malin ou maligne que lui, par certains côtés.


Une fois que vous l’avez amadoué, vous pouvez éventuellement commencer à dévoiler votre fameuse personnalité. L’authenticité de votre vrai Moi lui sera alors plus accessible que si vous l’exhibez dès vos premiers rapports professionnels, en exigeant de lui, qu’il le respecte et de préférence, le trouve fantastique.

Rien ne vous empêchera plus tard de le surpasser en grade et fonction, si vous y arrivez, mais de grâce, ne le dégommez pas... On a toujours besoin d'un bon vieux boss qui vous a à la bonne.


Bon, je vous l’avais dit, ce n’est pas pour les enfants…


Si je résume, l’idéal dans sa relation au chef est d’acquérir sa confiance. On commence par le caresser dans le sens du poil, mais sans flagornerie excessive, parce qu’à lui on ne la fait pas.

Alors, il va falloir aussi bosser un peu quand même, être efficace, ne pas compter ses heures, anticiper la manière dont il voudrait que vous traitiez tel ou tel dossier. Bref, faire votre job, mais en mieux.

A partir du moment où vous êtes remarqué, vous pouvez commencer à exposer peu à peu votre différence, conversez avec lui, tentez le coup de l’intimité, confiez-vous, soyez présent.


Si vous arrivez à faire tout ça, sans pour autant vous prendre pour une poule ou un poulet de luxe, vous pouvez conserver votre fierté professionnelle, parce que vous venez de gagner des marges de manœuvre inespérées que vous pouvez mettre désormais à profit pour faire de grandes et belles choses que le pékin moyen n’aurait jamais pu faire.


Vous êtes différent, c’est bien. Il l’a compris, c’est encore mieux !


Le jour où l’on commence à se demander autour de vous, ce que vous avez fait au boss pour qu’il vous ait toujours à la bonne, : vous avez gagné. Et pouvez répondre d’un air humble « mais mon boulot, tout simplement… ».


En fait, vous avez fait mieux que ça, vous l’avez managé.

C’est-à-dire que vous l’aurez convaincu de faire plus pour vous, de vous donner plus d’opportunités, de responsabilités, d’argent, de faveurs, de pouvoirs, de droits et de devoirs, bref de vous favoriser, parce que, vous, vous avez compris là où il veut aller, la manière dont il fonctionne et que vous ne trahirez pas sa confiance, que vous bosserez d’arrache-pied et serez à ses côtés en cas de coups-durs.


J’entends déjà les commentaires fuser. Manœuvres grossières et dilatoires ! Incompatible avec les valeurs de la République ! A l’heure de #metoo, comment osez-vous parler ainsi… !


Oui et bien, welcome in the jungle, comme disait l’autre.

Et dans le Réel, comme disait Lacan -qui est un autre autre - (appréciera qui pourra).


Parce qu’à bien y réfléchir, quand on vous parle de la manière dont doit procéder un bon manager pour vous convaincre, prendre soin de vous, vous challenger sans excès, vous faire dépasser vos propores limites sans que vous ne vous crashiez en plein vol… Et bien mes loulous, tout ça, vous lui devez aussi.

Voilà, ça s’appelle la réciprocité.

N’attendez pas d’un chef qu’il vous traite bien si vous le traitez de manière désinvolte, c’est aussi simple que ça.


Et pour finir, quand vous regardez avec envies vos collègues qui réussissent un peu mieux que vous. Et bien, il se peut que vous ayez tort, jaloux et jalouse que vous êtes !

Ce n’est pas parce qu’elle est plus jolie que vous, qu’elle est arrivée là où elle en est, c’est parce qu’elle a plus bossé plus dur et plus fort que quiconque et que c’est ce qui l’a séduit.

Ce n’est pas parce que c’est son pote, qu’il en est là, c’est parce qu’il a parfaitement jouer son rôle de courroie de transmission, en faisant preuve de fidélité et d’audace, quand il le fallait.


Voilà, ils ont managé leur boss et vous, vous avez attendu d’être managé. Et ça c’est une erreur de votre part.


Il faut vous résigner, le management c’est une histoire d’amour, ça se partage et ça se construit à deux. Si vous faites un pas en avant, votre boss fera de même. Si vous vous fermez et faites la tête… et bien lui aussi.


Le jour où j’ai managé mon boss, ça m’a ouvert des possibilités immenses et j’en ai profité.


Le jour où je me suis fait manager, j’étais tellement fier que quelqu’un comprenne enfin comment ça fonctionne, que j’en ai eu les larmes aux yeux.



Rémy Canuti

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