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  • Photo du rédacteurRémy CANUTI

Recrutement: qui se ressemble s'assemble ?




J’ai été assez favorablement impressionné par un article qui tournait autour de l’art de la conversation que vous pouvez lire ici. Un lien hypertexte sur l’équilibre et le swing dans le jazz venait expliquer le tout en musique (vous pouvez d’ailleurs lire l’article en écoutant le morceau, ici) et c’est vrai me suis-je dit, je n’en ai pas si souvent que cela des belles conversations, détendues, sans compétition, qui swingue convenablement, sans effet de manche, ostentation ou courtoisie excessive, flatterie et flagornerie à l’endroit du pouvoir ou du joli minois.

Il m’arrive assez régulièrement de déjeuner avec 3 autres personnes et je trouve que justement les conversations ont tendance à être naturelles et agréables.

Une curiosité de bon aloi nous pousse à nous interroger, sans malsaine curiosité : en même temps, peu d’entre nous ont des secrets inavouables que les autres ne sachent déjà, nous confrontons nos positions sans compétitivité, sans arrogance. On passe un moment fort agréable par conséquent.


Et puis, au même instant, un ami m’envoie un article sur le syndrome du scarabée (que je vous livre ici) et qui évoque l’homophilie, ou l’art et la manière d’aimer ce qui nous ressemble.

Ah voilà, me-dis-je, pourquoi ces déjeuners passent si bien. Nous sommes entre pairs.

Alors effectivement c’est vrai, sociologiquement, culturellement, on se ressemble pas mal, il faut le dire. Mais je vous avouerai qu’avant de lire cet article, je ne m’en sentais ni offensé, ni même spécialement gêné. Inconscient que j'étais...


L’article cependant, tournait autour de la faculté que nous avons d’embaucher des personnes qui nous ressemblent. Alors, aussitôt, je passais au crible ma carrière de recruteur, pour vérifier si j’avais poussé l’homophilie jusqu’à son paroxysme, jusqu’à en atteindre les plus négatives limites.

Et puis je me suis dit que non, vraiment pas.


Comment en étais-je si sûr ? Et bien tout simplement parce que ma boussole personnelle est plutôt rivée sur la capacité d’un candidat à me séduire par sa curiosité, son impétuosité, son envie, sa gagne, son talent, sa sincérité, sa manière de ne pas être trop dupe du petit jeu auquel nous jouons mais de s’y plier volontiers avec grâce et élégance. Peu importe que ce soit un homme ou une femme, qu’il soit plus jeune ou plus âgé que moi, peu importe qu’il ait le même parcours…


Aparté : vous l’aurez compris, il n’est question que de soft skills, mais comme le mot me chagrine, j’hésite à l’employer. Néanmoins l’autonomie, l’empathie, l’adaptabilité, la gestion du stress, la capacité à résoudre les confltis restent à mes yeux plus importants que les compétences dures et réelles, dont je me dis qu’ils sont plus accessibles à la formation de type classique.


Alors, comme je ne suis pas non plus complètement dupe, je sais bien que le processus de recrutement se fait en fonction des liens qui peuvent s’établir entre le recruteur et le recruté, sous forme classique de transfert mais je ne crois pas que fondamentalement ces liens soient de nature homophile, narcissique, historique, culturelle, ou de classe. J’acquiesce éventuellement à un mélange de tout cela.


Reste que Lacan, disait en substance qu’on l’on aime de la façon dont on nous a aimé, lorsque nous étions enfant.

Ainsi, je me permets de soulever l’hypothèse que peut-être, l’on recrute de la façon dont on nous a nous-même recruté, en l’occurrence et me concernant, avec une bonne dose de culot parfois, de la sagesse, une vision qui m'était interdite à certaine époque car je manquais d’expérience, de l’empathie, de la gentillesse, un peu de calcul égoïste aussi, car c’était un pari sur l’avenir que de m'embaucher comme DG pour mon premier poste par exemple.


Foin des règles de recrutement trop restrictives, des recettes qui fonctionnent à coup sûr, le recrutement est une affaire d’attirance et de respect. Sans doute un peu, une affaire de séduction, d’anthropophilie plus que d’homophilie au final.


Rémy Canuti

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